Au pays des monstres
6 mars 2017

Un hommage au papa de «  Max et les Maximonstres  », disparu il y a peu, car les monstres existent et pas seulement dans les rêves, au fond des placards ou sous les lits. Ce qui fait le monstre, c’est d’abord sa différence, ou ce qu’on pense être sa différence. Et si les monstres, finalement, ça aidait à vivre et à grandir  ?

Mes amis les monstres

De Pooya Abbasian, Ed. Actes sud junior, Cycle 1

C’est pour se protéger des monstres qui entrent chaque nuit dans sa chambre qu’Isa se déguise. Jusqu’au jour où elle décide de les affronter. Un très joli album qui évoque la peur de la nuit avec de belles couleurs acidulées, qui dessine une petite héroïne qui prend les choses en main pour ne plus subir et être elle-même. Une idée qui va de plus lui gagner de nouveaux amis, car «  en fait ces monstres sont très gentils  »et «  eux aussi ils avaient peur de moi, parce que j’étais déguisée  ». Pour dédramatiser l’heure de s’endormir.

Le monstre du placard existe… et je vais vous le prouver

D’Antoine Dole, illustrations de Bruno Salamone, Ed. Actes sud junior, Cycles 1 et 2

Un grand format pour prouver l’existence du monstre du placard et même ainsi, il est un peu à l’étroit dans la page. Un monstre responsable de bien des bêtises, qui met le bazar dans la chambre, avale les chaussettes disparues, fait disparaître les pulls moches, se jette dans la baignoire comme si c’était une piscine. Et c’est encore de sa faute, il a peur du noir, s’il faut laisser la lumière allumée le soir. Bref, les preuves de son existence ne manquent pas et côté humour on ne sait plus si c’est le texte ou le dessin crayonné qui nous fait exploser de rire.

Un amour sur mesure

de Roland Fuentès, illustrations de Alexandra Huard, Ed. Album Nathan, Cycles 1, 2

Entre une naine très très grande et un géant minuscule rejetés par les leurs, la rencontre est émouvante. Ils prennent le temps de se parler et décident «  que c’est trop bête de se dire adieu.  » Leur voyage s’achève lorsqu’ils trouvent une ville où «  les mots ‘’nain’’ et ‘’géant’’ n’avaient pas encore été inventés  » et où ils peuvent vivre en étant juste eux-mêmes. Les illustrations sont pleines de tendresse, les personnages très expressifs  : les regards, le rouge aux joues, les larmes, les sourires… c’est doux, joyeux et coloré pour parler de la différence  : bravo  !

Berty, le plus cool des monstres

De Didier Levy, illustrations de Delphine Renon, Ed. Grasset Jeunesse, Cycle 2

Plusieurs histoires de ce monstre poilu et sympathique illustrent des situations bien réelles dans la vie des enfants  : frustration, déception, recherche d’un objet perdu mais aussi honte de ses parents, mauvaise foi ou peur du médecin… Ça vous parait bien sérieux  ? Rassurez-vous, c’est traité de façon légère avec un dessin amusant et un texte plus tenu que le titre ne le laisse supposer. Pour compléter une collection sur ce thème, ou mettre des mots sur les émotions, lors d’un débat philo par exemple.

Mon ami préhistorique

De Karim Ressouni-Demigneux, illustrations de Chloé Fraser, Ed. Rue du Monde, Cycles 2, 3

Antonin avait peur de tout, tout le temps. Mais ça, c’était avant. Avant sa rencontre avec son ami préhistorique. L’album, raconté à la première personne, fait des allers-retours entre la vie ordinaire d’Antonin et ses aventures préhistoriques. Pour nous y plonger, les illustrations sont pleine page, alors le retour à la réalité est sagement structuré sur fond blanc. Un texte magnifique qui parle de ce que c’est que grandir  : «  Être un homme, c’est difficile  »et cela prend bien des années aux petits pour apprendre non seulement à marcher ou manger, mais aussi «  à rêver, à inventer, à imaginer  ».

Mon petit livre d’art pour raconter la mythologie

D’Aude le Pichon, Ed. Seuil Jeunesse. Cycle 3

Dans la mythologie grecque, il y a les dieux et les déesses, les nombreux humains qu’ils mêlent à leur vie et bien des personnages monstrueux  : minotaure, titans, centaures, cyclope, cerbère à trois têtes, sirènes et dragons… Ces soixante œuvres d’art commentées permettent de les rencontrer au côté des héros représentés au fil des siècles par de nombreux artistes. Chaque reproduction est accompagnée d’un commentaire pour comprendre l’œuvre, avec un petit jeu de questions pour guider l’observation.


Le monstre du bain

De Colin Boyd, illustrations de Tony Ross, Ed. Seuil Jeunesse

« Va te laver immédiatement ou le monstre du bain va venir te chercher », entend Jackson tous les soirs quand il arrive tout sale de ses jeux dans la colline. Le monstre du bain, c’est ce gros monstre tout poilu, aussi sympathique qu’effrayant, qui se délecte de l’eau sale de votre bain. Mais un soir, le petit garçon n’y croit plus et refuse de se laver. Que va-t-il se passer ? C’est que le monstre, lui, est bien gourmand et l’eau sale n’est que son deuxième plat préféré… Pour les enfants qui n’aiment pas se laver, une histoire qui glougloute d’humour, illustrée par le grand Tony Ross.