PREHISTOIRE A MONTIGNAC
Danse avec Lascaux 4
7 mars 2017

A Montignac (24), les élèves profitent de la proximité de la célèbre grotte pour mener des projets en classe notamment en danse.

Des corps contraints, enfermés dans un Lycra coloré, se contorsionnent pour former des signes. Tel est le parallèle… conceptuel entre les artistes préhistoriques de la grotte de Lascaux en Dordogne et les élèves de l’école voisine en pleine séance d’expression corporelle.

À l’occasion de l’ouverture de Lascaux 4 en décembre, les six classes d’élémentaire de Montignac sont en effet engagées dans un projet départemental «  Danse et art pariétal  ». Tout a commencé par une visite en avant-première du site, à l’invitation des collectivités aux écoliers, de la maternelle au collège. Car, situées à 500 m du site, les classes ont aussi été «  aux premières loges des travaux pendant quatre ans  », en sourit maintenant la directrice Yannick Albenque. «  Chaque année, les CE2 visitaient Lascaux 2 car c’est à leur programme d’histoire  ». Mais cette reconstitution de deux salles principales était encore trop proche de la grotte originelle, fragile. Il a donc été décidé de construire Lascaux 4 reconstitution quasi exacte, de l’autre côté de la colline.

La visite, qui a impressionné les élèves, a ensuite lancé tout un travail «  sur le mouvement et les traces  », explique la directrice. Le but est de comprendre ces traces et d’imprimer les siennes. Les plus jeunes, CP-CE1, partis de l’album «  Mon caillou  », bénéficient d’interventions en classe du Pôle international de la préhistoire sur les fouilles et l’évolution des outils.

Créer des graphismes avec son corps

Les CE2 vont mener une enquête au musée de la préhistoire des Eyzies sur le mobilier trouvé dans Lascaux quand les CM se rendront au Pôle pour étudier les sépultures. Les prolongements sont des textes, écrits tout au long du projet, mais aussi des œuvres créées en classe selon différentes techniques, sculptures à la Giacometti, peintures. «  Elles seront installées sur tout le chemin de l’école au site  ».

Enfin, les élèves préparent des tableaux d’expression corporelle, sortes d’hommages contemporains aux hommes d’antan. Sans musique, avec des bâtons ou des tissus élastiques, l’intervenante Olivia Lesur et les enseignants les amènent à travailler divers déplacements, équilibres, «  à créer des graphismes avec leurs corps  ». Des créations étranges qui seront filmées et projetées à l’école mais aussi jouées sur le parvis de Lascaux 4 en mai.