Elections professionnelles 2005 : nouvelle progression du SNUipp
12 janvier 2006

Avec une progression de 1,1 % par rapport à 2002, le SNUipp obtient 45,05 % des voix aux élections professionnelles en 2005. Une nouvelle progression qui conforte sa première place d’organisation syndicale dans le premier degré. A la CAPN, cela se traduit par la présence de 5 élus du SNUipp, 3 du SE /UNSA, 1 de FO et 1 du SGEN/CFDT.

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CAPN

Avec une progression de 1,1 % par rapport à 2002, le SNUipp obtient 45,05 % des voix aux élections professionnelles en 2005. Une nouvelle progression qui conforte sa première place d’organisation syndicale dans le premier degré.

Le SNUipp est maintenant majoritaire dans 71 départements (vote CAPN ). Il le devient dans la Haute-Vienne, l’Orne, les Deux Sèvres et la Guadeloupe. Il perd la majorité dans la Haute-Loire, St Pierre et Miquelon et dans le territoire de Belfort. Le SE-UNSA confirme sa deuxième place en obtenant 24,56 % des voix (+ 0,29 %) et reste le premier syndicat dans 27 départements. F.O devient de très peu le troisième syndicat avec 7,79 % des suffrages (- 0,79 %) volant ainsi la place au SGENCFDT qui recule à 7,74 %.

Net effritement pour ce dernier qui enregistre la plus forte des baisses à ces élections (- 2,37 %). Le SGEN reste majoritaire dans 3 départements. Viennent ensuite SUD-education qui totalise 5,49 % des votes (+0,63 %), le SNE-CSEN avec 3,67 % (-0,29%), l’UNSEN-CGT à 2,02 % (+ 0,48 %), @venir écoles (CGC) à 1,77 % (+0,46 %), le SCENRAC-CFTC à 1,09 % et enfin le SNEP-SNCL (FAEN) avec 0,81 %. Le SNUipp veut voir dans sa progression la reconnaissance des enseignants dans sa capacité à les défendre au quotidien et à agir en faveur de la transformation de l’école pour la réussite de tous les élèves comme des transformations sociales indispensables.

Ce scrutin est marqué une nouvelle baisse de la participation, « fait le plus marquant de ce scrutin » observe le sociologue Bertrand Geay (voir ci-dessous). Le taux de participation qui reste élevé (60,80 % dans le premier degré) traduit l’attachement des enseignants des écoles à l’élection de leurs représentants syndicaux dans les commissions administratives paritaires et reste l’un des plus forts en France tous secteurs confondus. « Depuis une quinzaine d’années les enseignants se détachent de leurs syndicats » estime Bertrand Geay « mais cela ne veut pas dire que les syndicats perdent en influence mais que de nouvelles relations s’instaurent entre les personnels et leurs représentants. Ce syndicalisme recouvre aujourd’hui deux dimensions : une dimension d’information, de services utiles et une autre plus revendicative, plus sujette à fluctuations » poursuit-il.

Ce rappel renvoie à la manière dont les organisations syndicales parviennent à prendre en compte les préoccupations des enseignants. Y aurait-il une difficulté à les saisir à l’heure d’un renouvellement important du corps enseignant ?

Plusieurs enquêtes ont montré que le lien entre les difficultés concrètes des jeunes professeurs et les réflexions menées par les syndicats ne leur paraît pas évident. Qu’est ce que le syndicalisme doit prendre en charge, comment ?

Ces questions restent posées en permanence à toutes les organisations syndicales. Un sondage récent CSA [2] donnait quelques éléments d’appréciation. Les professeurs des écoles débutants estiment à 77 % que « c’est le rôle d’un syndicat enseignant d’être un acteur des débats éducatifs et pédagogiques au sein de l’école » et à 66 % « d’intervenir sur les débats de société ».

A la question « qu’attendez vous en priorité de la part d’un syndicat enseignant ? », ils placent en tête « agir pour l’amélioration des conditions de travail », en seconde position « faire des propositions pour la transformation de l’école ». Viennent ensuite « fournir des services », « vous défendre face à l’administration », « défendre les salaires » à égalité avec « vous aider pour votre carrière » et enfin « intervenir sur les questions de société ». Par ailleurs, les enseignants se disent très attachés à l’écoute que leur accordent les syndicats.

Réunions d’informations syndicales, colloques, Université d’automne, etc, le SNUipp continuera d’ouvrir tous les lieux de débat permettant d’enrichir, avec toute la profession, la réflexion syndicale en la confrontant à la recherche sur les changements nécessaires de l’école et de la société.

A l’heure ou P.P.R.E., apprentissage à 14 ans, circulaires sur la lecture, baisse des recrutements, insuffisance du budget et des salaires, sonnent comme autant de renoncements à une ambition éducative pour la réussite de tous, le SNUipp va poursuivre son action pour une autre politique qui donne à l’école les moyens de se transformer et construire les mobilisations pour plus d’égalité et de justice sociale.

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Carte Résultats

Participation : - 6,4 %

Le taux de participation aux élections professionnelles dans le premier degré chute à 60,80 % soit une baisse de 6,4% par rapport au précédent scrutin. Il était de 67,14 % en 2002 après une première baisse (-3,72 %). Il était de 70,86 % en 1999. La perte de près de 7% par rapport à 2002 est significative. Le taux d’abstention grandissant ne peut qu’interroger les organisations syndicales sur leur influence. Pour le sociologue Bertrand Geay « il traduit le désarroi qui traverse aujourd’hui les professions enseignantes », « cette abstention fait sens dans les périodes de doute que traverse le mouvement enseignant depuis 2003... ». Cependant, « le syndicalisme enseignant n’est pas entré dans une phase de déclin inéluctable. Nous avons pu observer par le passé des alternances d’apogées et de crises. La vague de 2003 fut forte, le repli l’est également ».

Le SNUipp va pour sa part engager une réflexion et conduire les études nécessaires pour analyser cette abstention.