Dossier "Architecture scolaire, poser les bonnes fondations"
Histoire | Le bâtiment scolaire reflet de son époque
21 décembre 2016

Si les écoles restent très marquées par leur naissance sous la IIIe République, leur visage a évolué au fil des changements de la société et de la pédagogie.

Un tableau noir, le bureau du maître sur l’estrade et en face les blocs chaises-tables des élèves, telle fut la classe-type née des lois Jules-Ferry dont les traces sont encore tangibles. Les lois de 1881 instituent l’enseignement primaire libre et gratuit. Garçons d’un côté, filles de l’autre. Cet enseignement est transmissif, sous l’autorité du maître « hussard noir » de la IIIe République. D’où « des volumes austères, une organisation autour des maîtres-mots ordre et discipline, écriture fonctionnaliste », selon Maurice Mazalto, auteur de plusieurs livres sur l’architecture scolaire.

Avec l’explosion démographique de l’après-guerre, la massification de la scolarisation, puis son extension jusqu’à 16 ans, il faut construire beaucoup et vite, 78 000 classes élémentaires de 1964 à 1978, mais du coup à moindres frais. Préfabriqués, étages, trame de 1,75 m comme norme...

Après 1968, les écoles deviennent mixtes, les méthodes restent traditionnelles même si l’on commence à prendre en compte les besoins des usagers. Les pédagogies alternatives inspirées des mouvements pédagogiques d’éducation nouvelle font parfois bouger les lignes, des écoles ont adapté leurs agencements à l’idée qu’elles se faisaient de l’éducation, plus naturelle, laissant une place à l’expression individuelle, à la coopération.

Souci esthétique et environnemental


 Apparaissent ainsi des expérimentations de classes ouvertes, d’écoles sans cloisons, qui ne perdureront pas toujours. En revanche, c’est à cette époque que se développent les BCD, ateliers et salles de repos. Depuis plusieurs décennies la construction d’écoles a perdu de l’uniformité originelle, les projets ont en général un souci esthétique mais aussi environnemental, une ouverture sur le quartier. Quand cela est possible, et voulu, les mairies prévoient une salle polyvalente accessible aux associations, un local parents.

L’apparition du numérique depuis les années 2000 a fait une place à ces nouveaux outils, le tableau se fait blanc mais les dispositions de classe ne changent pas forcément. Enfin la scolarisation d’enfants en situation de handicap nécessite des accès et des espaces pour les interventions de spécialistes. Une chose perdure, à travers le temps, c’est la difficulté de boucler les budgets...


L’ensemble du dossier

- Présentation du dossier
- Histoire – Le bâtiment scolaire reflet de son époque
- « L’importance du bâti sur les apprentissages et l’ouverture d’esprit » - 3 questions à Bernd Hoge, architecte-ingénieur
- Abbeville (80) – Une école construite avec ses usagers
- Trébédan (22) – Une rénovation artistique et écologique
- « L’architecture scolaire n’est jamais neutre » - Entretien avec Maurice Mazalto, ingénieur, proviseur de lycée honoraire, membre des Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active)
- « Un bon dispositif donne de la souplesse » - 3 questions à Nicole Devolvé, ergonome spécialiste des situations scolaires (université Toulouse)