Laïcité
L’école privée cherche le public
29 mars 2017

L’école privée s’invite dans la campagne électorale en réclamant une nouvelle répartition du financement public. Injustifié et dangereux pour le SNUipp-FSU qui place l’école publique au cœur de son projet pour la réussite de tous.

Surfant sur une vague de dénigrement de l’école publique et d’appel à davantage d’autonomie des établissements, l’école privée reprend du poil de la bête. Caroline Saliou, présidente de l’Association des parents de l’école libre (APEL), a récemment fait part de son souhait de « faire évoluer » la répartition des moyens entre public et privé. Une volonté relayée quelques jours plus tard par Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique (SGEC). En ligne de mire, l’accord tacite passé en 1992 entre le ministre de l’Éducation nationale Jack Lang et Max Cloupet qui réserve 80 % des postes au public et 20 % au privé. Si les chiffres du ministère attestent bien d’une faible progression du secteur privé dans le premier degré, le pourcentage d’élèves du secteur public, 86,3 % en 2016, ne devrait pas évoluer significativement (86,1 % prévu en 2018) et ne justifie pas une telle remise en cause.

L’école publique seule créatrice d’égalité

C’est donc avant tout un coup de force politique qui est tenté, alors que les enquêtes attestent clairement de la confiance renouvelée d’une grande majorité de Français dans leur école publique. L’exemple des pays anglo-saxons avec l’échec de systèmes éducatifs concurrentiels développant des logiques d’entre soi et d’exclusion devrait donner à réfléchir. Quant aux établissements hors-contrat, une trentaine d’entre eux viennent d’être mis à l’index dans l’académie de Versailles dans une note d’analyse commandée par le recteur. Celle-ci dénonce de nombreux manquements et dysfonctionnements qui ont conduit le ministère de l’Éducation à saisir la justice. Un constat venant renforcer les positions du SNUipp-FSU qui milite au contraire pour que le financement par les fonds publics soit réservé à l’école publique afin d’offrir à tous les élèves du territoire une scolarisation de qualité, gratuite et créatrice d’égalité.