ESCLAVAGE ET SEGREGATIONS
La femme noire qui refusa de se soumettre (R) , Eric Simard – Oskar 2007 (5,95€) Dès 11 ans
30 novembre 2010

Quand elle était enfant, à Montgomery en Alabama, le soir, la petite Rosa entendait des cris dans la rue et elle refusait de dormir « pour être aux côtés de son grand-père si les Blancs surgissaient dans la maison. Des Blancs qui tuaient impunément des Noirs. »

Plus tard, ce 1er décembre 1955, Rosa a 42 ans, elle est noire, elle est couturière et milite à l’Association nationale pour le progrès des gens de couleur. Elle est assise dans l’autobus quand un homme blanc exige qu’elle lui cède sa place.... Rosa refuse tout net. « Ce n’est pas que j’avais mal aux pieds ! (Mais) J’avais le sentiment d’avoir le droit d’être traitée comme n’importe quel autre passager. Nous supportions ce traitement depuis trop longtemps".

A l’époque, dans le Sud des Etats-Unis, la loi exigeait la séparation des Noirs et des Blancs dans les bus, les restaurants, les écoles et tous les lieux publics. Les mariages mixtes, bien sûr étaient interdis. Dans le Nord, la discrimination raciale, pourtant illégale, condamnait les Noirs aux ghettos et à une vie misérable.

Pour avoir refusé de se lever, Rosa est envoyée en prison et condamnée à une amende de 14 dollars.

L’indignation gronde alors dans tous les quartiers noirs. Un jeune pasteur de 26 ans, Martin Luther King, appelle au boycott des transports publiques de la ville. Le mouvement est très largement suivi et dure 381 jours, mettant la compagnie KO en la privant de 75% de ses passagers.

Un an plus tard, en 1956, ils ont gagné : la Cour Suprême des Etats-Unis déclare illégale la ségrégation dans les transports publics d’Alabama. Ce n’était pourtant pas la fin de la discrimination raciale !

En 1961, se met sur pied un mouvement de jeunes décidés à supprimer la ségrégation dans les bus qui font la liaison entre les Etats d’Amérique. C’est le "Freedom Ride". Un bus transportant des freedom riders militants parvient en Alabama. Il est reçu par un groupe du Ku Klux Klan (KKK). Les jeunes sont sortis de force du car, sont tabassés et le car est incendié ...

Les assaillants furent arrêtés mais jamais condamnés. Il faudra attendre 1964, 9 ans après la rébéllion de Rosa Parks, pour que la loi fédérale interdise toutes formes de discrimination, et bien plus pour que la loi soit respectée.

ROSA PARKS : NON A LA DISCRIMINATION (D) Nimrod - Actes Sud (Ils ont dit Non)

Dans cette nouvelle collection d’Actes Sud, où l’on trouve "Victor Hugo : Non à la peine de mort ", « Lucie Aubrac : Non au Nazisme », « Victor Jarra, non à la dictature" - l’histoire de ce guitariste chilien assassiné, après que les bourreaux de Pinochet lui ont coupé les mains - on trouve aussi « Rosa Parks, Non à la discrimination ».

C’est Nimrod, poète tchadien vivant à Amiens qui rend hommage à Rosa Parks. Il évoque aussi d’autres ségrégations , comme «  l’Aparheid » racisme d’état de l’Afrique du Sud, aboli en 1961, grâce en particulier au combat de Nelson Mandela.

Nimrod insiste également sur la discrimination qui perdure en particulier en France, et touche les populations maghrébines et africaines, par le jeu des quartiers ghettos, des difficultés à trouver un emploi, d’un niveau de vie inférieur à la moyenne, plombé par le chômage.