Interview
« Rendre les personnels vraiment acteurs et concepteurs de leur métier »
15 décembre 2016

La réussite de tous les élèves a été au cœur du colloque organisé les 6 et 7 décembre par la FSU qui entendait ainsi placer l’école au centre du débat public. Trois questions à Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU

Comment percevez-vous le débat sur l’école dans cette période préélectorale ?

Nous avons vu avec les primaires de la droite et du centre une offensive se développer à l’encontre de la fonction publique et particulièrement de l’école. On voit revenir les propositions de diminution des moyens et le retour de vieilles lunes poussiéreuses. Tous les jeunes n’auraient pas leur place à l’école et on voit revenir l’apprentissage pour les élèves de 14 ans, le retour à l’enseignement des seuls fondamentaux, l’instrumentalisation de disciplines comme l’histoire, voire même le retour de la blouse... Mais derrière ce qui peut sembler relever plus de polémiques que de programmes, il y a un vrai débat sur les objectifs de l’école et sur l’ambition qu’a, ou n’a pas, une société pour tous ses jeunes. La FSU va rappeler avec force que tous peuvent réussir dans le système éducatif si nous sommes capables de le transformer dans ce but.

Formation, déterminisme social, laïcité : pourquoi ces thèmes pour votre colloque ?

Ce qui me frappe le plus, c’est la persistance des inégalités. Et nous connaissons bien la corrélation entre les inégalités sociales et les inégalités scolaires. De l’école primaire au lycée, et même dans l’enseignement supérieur, trop d’élèves ne réussissent pas. Ce qui se traduit par des sorties sans diplôme ni qualification, par du décrochage. Et ça a bien sûr des conséquences sur la vie, sur l’avenir personnel et professionnel de ces jeunes. Nous voulons travailler aujourd’hui sur comment il est possible d’en finir avec cela, sous quelles conditions, avec quels outils. D’où le choix de nos thématiques et de nos intervenants. La formation, qu’elle soit initiale ou continue, est une clé majeure pour avancer. Quant à la laïcité, l’école est au coeur des questions qui traversent notre société depuis notamment les dramatiques attentats que nous avons connus. Il est donc normal de faire le point sur le rôle de l’école en ce domaine.

S’il devait y avoir une priorité pour l’école, pour vous, quelle serait-elle ?

Rendre les personnels vraiment acteurs et concepteurs de leur métier. Tous les personnels, les enseignants comme les non-enseignants. Cela passe par la définition d’un plan ambitieux de formation, tout au long de la vie, et l’organisation du travail en équipes pluri professionnelles à tous les niveaux du système éducatif.