Aide éducative
Soutien scolaire : de fortes inégalités à réduire
11 janvier 2013

Les dispositifs publics de soutien scolaire sont mis en œuvre de manière très inégale selon les territoires tandis que le développement du soutien privé creuse les inégalités sociales. Le Centre d’analyse stratégique propose deux mesures pour remédier à cette situation.

Qu’est-ce qui caractérise les dispositifs de soutien scolaire ? A en croire le Centre d’analyse stratégique qui a publié mercredi 9 janvier une note intitulée « quelle organisation pour le soutien scolaire ? », c’est principalement les inégalités territoriales et sociales. A priori le soutien scolaire doit concerner un grand nombre d’élèves puisque selon l’IGEN la proportion de ceux qui ne maîtrisent pas les connaissances de base en Français à la fin de la scolarité obligatoire est passée de 2000 à 2009 de 15% à 20%, tandis que celui des enfants ayant des résultats insuffisants est évalué entre 20% et 30%. La France est, parmi les pays développés, « celui dont les élèves en difficulté sont les plus nombreux » souligne le CAS. Que ce soit à travers la politique de la ville ou d’autres actions publiques ou associatives, les dispositifs pour prendre en charge de manière plus globale l’éducation des élèves en difficulté sont divers. En primaire, il y a par exemple le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE), l’aide personnalisée, les aides spécialisées et, pour l’école élémentaire seulement, les stages de remise à niveau ainsi que les dispositifs d’accompagnement éducatif.

Des inégalités territoriales et sociales

Mais, note le Centre d’analyse stratégique « les parties prenantes de l’accompagnement scolaire sont nombreuses et leur implication varie d’un département ou d’une commune à l’autre » ce qui se traduit notamment par une mise en place inégale selon les territoires. Pour le CAS, ces inégalités sont encore creusées par l’émergence du « soutien scolaire privé, auquel ont principalement recours les classes aisées ». De manière explicite, le CAS estime que « le soutien scolaire privé est un lieu de fortes inégalités sociales, culturelles et territoriales ». Selon lui, ce secteur d’activité dominé par le travail non déclaré était le plus important de l’Union européenne en 2011, atteignant un chiffre d’affaires de 1,5 Md€, et il s’est encore développé depuis.

Deux propositions

Pour améliorer l’offre et l’efficacité des dispositifs de soutien scolaire public, le CAS propose deux mesures. Dans un premier temps il préconise la signature « d’une convention cadre entre le ministère de l’Éducation nationale et l’Agence du service civique pour encourager les missions de volontaires de service civique dans l’accompagnement scolaire, en ciblant les associations, notamment en zone rurale ». Au passage il salue aussi l’action des bénévoles intervenant auprès des élèves en difficulté comme les étudiants de l’AFEV ou les membres de l’association Énergies jeunes. Dans un second temps, le Centre recommande de « lutter contre les inégalités territoriales en complétant, dans chaque rectorat, les espaces numériques de travail par un dispositif national incluant du soutien pour les élèves et des informations pour les parents ».

Lire :
- la note détaillée du CAS