La fessée mise au rancart

Mis à jour le 21.01.17

L'Assemblée nationale a voté l'interdiction des violences corporelles sur les enfants, mettant la France en règle avec ses engagements internationaux.

Fini le martinet, les bonnes torgnoles « qui n'ont jamais fait d'mal » et les fessées : les parents excédés vont devoir désormais trouver autre chose pour “éduquer” leurs enfants. Par le biais d'un amendement intégré à la loi Égalité et citoyenneté adoptée le 22 décembre dernier, l'autorité parentale devra désormais s'exercer en excluant « tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles. » Enfin ! se féliciteront la plupart des pédiatres, psychologues et spécialistes de la petite enfance pour qui ce genre de pédagogie active n'a pas la moindre valeur éducative, bien au contraire. Et il est vrai qu'il était temps, la France ayant été condamnée en mars 2015 par le Conseil de l'Europe au motif qu'elle ne prévoyait pas « d'interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels » au sein de la famille, l'ONU le lui demandant quant à elle depuis 2006. Alors pourquoi ce manque d'empressement à légiférer quand la majorité des États européens l'ont déjà fait ? En partie sans doute en raison d'une opinion publique toujours majoritairement rétive à ce qu'elle considère comme une intrusion dans la sphère privée.

Un outil de prévention

Dans un sondage de 2015, 70 % des Français interrogés se disaient opposés à l'interdiction de la fessée. Quoi qu'il en soit, la ministre des Familles s'est félicitée de ce texte qui constitue pour elle un « outil indispensable à la prévention de la maltraitance des enfants, [qui] permet de franchir une étape supplémentaire dans la mise en œuvre de la Convention internationale des droits de l'enfant. » Et puis que les fesseurs compulsifs se rassurent et que leurs gosses ne se croient pas tirés d'affaire… la disposition, maintenant inscrite dans le code civil, n'est assortie d'aucune nouvelle sanction pénale à l'encontre des contrevenants.