Reportage à Menglon. Conjuguer la diversité…

Publié le 01.04.17

C'est en grammaire conjugaison qu'Isabelle, enseignante de CM1-CM2 a réfléchi à des « parcours » afin de gérer l'hétérogénéité de ses élèves.

Isabelle Chaffois enseigne depuis deux ans au CM1-CM2 de l'école publique de Menglon dans la Drôme. « J'ai eu une classe unique pendant trois ans et c'est là que j'ai eu le déclic de la différenciation pour ne jamais penser une même chose pour tout le monde ». Elle s'inscrit alors à une animation pédagogique autour de l'hétérogénéité au cycle 3. Le groupe réfléchit à un système de parcours qu'elle met en place avec un collègue.

« Il n'y a pas de méthode clé en mains », continue-t-elle « On a fabriqué toutes nos leçons. Pour chaque notion imaginer un parcours différencié, en plusieurs étapes, prenant en compte l'hétérogénéité des élèves, c'est un travail très long ». Elle l'expérimente en grammaire et en conjugaison. « Pour la notion de sujet, le parcours est impossible si on ne sait pas identifier le verbe. On repart donc des notions de CE... pour à la fin retrouver le sujet ».

Les élèves travaillent en autonomie. Elle commence par expliquer la notion qui sera travaillée. Celle-ci est déclinée dans une progression qui permet à chaque élève de s'y retrouver et de progresser à son rythme.

Travail sur l'autonomie et la coopération

Si le premier test est réussi, l'élève passe directement au second. Sinon, des exercices qui se complexifient et des aides lui permettent d'y arriver jusqu'à aller pour certains à des notions plus complexes. « L'important c'est que tous progressent et arrivent aux compétences du programme ».

Elle insiste sur l'autonomie et l'entraide : « Pour que ça marche, il faut bannir toute compétition. J'en parle avec les élèves qui acceptent que tout le monde arrive au même endroit mais par des chemins différents. Il n'y a pas de notes mais beaucoup d'entraide. Ils peuvent venir me voir à tout moment à la table d'aide. Tous les élèves sont impliqués car il y a toujours quelque chose d'accessible pour eux ».

Au quotidien, en maths comme en français, toujours trois groupes de différenciation. Des groupes qui prennent aussi en compte les élèves à besoins éducatifs particuliers de la classe. Isabelle reconnaît y passer beaucoup de temps personnel. « Six heures d'animation pédagogique c'est trop peu. Il faudrait des stages et pouvoir prendre le temps d'échanger et de construire avec les collègues. Etre à deux parfois en classe et aller voir aussi ce que font les autres. » Avec un collègue, elle a déposé un dossier Erasmus pour aller voir... ce qui se fait ailleurs.

En bref

ÉDUSCOL: DES DOCUMENTS SEULEMENT EN LECTURE C3

Quid de la pédagogie différenciée dans les documents d'accompagnement des programmes 2016 de cycle 2 et 3 ? En fait, il n'y a qu'en cycle 3, dans le domaine « Lecture et compréhension de l'écrit » que sont proposées explicitement des pistes sous le titre « Et la différenciation ? » Deux documents abordent l'autonomie des élèves en réussite et l'accompagnement des élèves les plus fragiles. Dans les autres domaines et au cycle 2, il n'y a pas de document spécifique si ce n'est les variables proposées dans les « stratégies d'apprentissage ».

CANOPÉ: UNE SÉANCE DE MATH EN VIDÉO

Une séance de mathématique en cycle 2 à l'aide du tableau numérique est proposée en libre accès sur le site du réseau Canopé.Elle donne une illustration de pédagogie active et différenciée dans le domaine « Comparaison et rangement des nombres inférieurs à 1 000 ». L'outil numérique permet à chaque élève une démarche « essais-erreurs » avec une difficulté croissante des nombres à ranger. Plusieurs ateliers sont ensuite proposés dans ce CE1 de l'école Saint-Exupéry de Longjumeau afin de consolider avec les plus fragiles.

OLIVIER MAULINI: IDENTIFIER LES CONCEPTS QUI DONNENT DU SENS

Enseigner c'est construire des concepts avec les élèves, aller du concret à l'abstrait, explique Olivier Maulini, professeur associé à l'université de Genève (Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation) lors de la 16e Université d'automne du SNUipp-FSU en octobre 2016. Et ce travail de problématisation peut laisser des élèves sur le côté, aussi prône-t-il des actions de formation des enseignants qui leur permettent d'observer des pratiques de classe ordinaires et de mieux problématiser.


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