Formation des maîtres et concours Unanimité contre le ministère
C’est le 13 novembre que les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur ont communiqué les décisions arrêtées « sur la base de la synthèse des groupes techniques » ayant travaillé sur les concours et la formation des maîtres, et ont réussi à cette occasion la prouesse de faire l’unanimité… contre eux ! En effet l’ensemble des syndicats d’enseignants, l’UNEF et les syndicats lycéens, les présidents d’université, les directeurs d’IUFM, le Conseil national de l’enseignement supérieur, la FCPE, ont fait part de leur « consternation ». Tous reprochent aux ministres de n’avoir pas tenu compte des propositions exprimées depuis des mois, voire de revenir sur des engagements pris sous le ministère de Xavier Darcos. Le projet final correspond aux intentions de départ des représentants du ministère !
La place du concours est fixée en M2 avec l’admissibilité en septembre et l’admission en juin. Les 2 épreuves d’admissibilité (français/culture humaniste et mathématiques/ culture scientifique) ne font appel qu’à des connaissances académiques. Selon les dernières annonces de novembre, les épreuves d’admission consisteraient en une leçon-type formelle ciblant la maîtrise disciplinaire et une analyse de dossier dans un champ disciplinaire. Les stages ne sont pas pris en compte. Les lauréats au concours sont à la rentrée suivante en responsabilité d’une classe et bénéficient d’1/3 de décharge pour leur formation professionnelle.
Pour le SNUipp le ministère « sacrifie la dimension didactique et pédagogique » en faisant le choix d’une formation axée sur les savoirs disciplinaires. Les mobilisations continuent pour que les maquettes des masters intègrent une dimension didactique et correspondent au cursus nécessaire à la formation des PE. Les différentes organisations [1] ont décidé d’organiser une journée nationale de mobilisation le 15 décembre sur le thème « enseigner est un métier qui s’apprend ». Elles appellent, notamment dans les IUFM, à des débats, des rassemblements, des assemblées générales afin de peser sur les projets ministériels avant parution des textes. ( Lire l’appel commun )
Une motion unitaire pour les conseils des maîtres
Les programmes 2008 ont marqué dans le primaire le retour à l’histoire des Grands hommes avec sa liste de repères chronologiques. Dès le cycle 2, apparaissent des dates à retenir et des noms de personnages. La dernière date qu’on doit retenir est d’ailleurs 1989, la chute du mur de Berlin… il s’agit là de la première date non française ce qui faisait dire à Philippe Joutard, professeur d’histoire, à leur sortie « il va falloir expliquer aux élèves de primaire ce qu’était l’avènement de la révolution soviétique, du communisme, de la guerre froide et la chute du mur. Autrement dire, il va falloir faire une histoire de l’Europe que ces programmes refusent par ailleurs. ». Entre les programmes de 2002 et 2008, non seulement les programmes se sont un peu plus « ethnocentrés » mais certaines questions ont bel et bien disparu telle « l’inégalité entre l’homme et la femme exclue du vote et inférieure juridiquement ». Une suppression bien symbolique.
[1] UNEF, UNL, FIDL, FCPE, FSU, SNUipp, SNES, SNUEP, SNESup, UNSA-Education, Se-UNSA, SPR recherche-UNSA, Sgen-CFDT, Ferc-Sup-CGT.
