ULIS à Mirebeau (86) | Comme des élèves de l'école.

Publié le 03.03.17

13 élèves, sans problème de comportement, mais 13 emplois du temps différents tous les jours.

Isaac et Stréssy sont concentrés sur leur fiche sous le regard attentif d'Adrien Guirault, coordonnateur de l'Ulis de l'école Jean Raffarin de Mirebeau à une demi-heure de Poitiers. Il s'occupe de leur atelier de lecture auquel participent deux élèves en difficulté de la classe, accompagnés d'une AVS. « Les élèves de l'Ulis ont tous une classe de référence où ils commencent leur journée. Le travail d'inférence que font Isaac et Stréssy c'est du niveau de CE1 mais ils le font dans leur CM2 », commence l'enseignant.

À 9h20, Isaac se rend pour une heure chez la rééducatrice pendant que Stréssy rejoint la classe d'Ulis avec Adrien pour y faire des mathématiques. Timéo arrive de sa classe de CP et Eva Callec, l'AVS-Co le soutient dans un exercice de reconnaissance des lettres de l'alpha- bet. Timéo passe encore beaucoup de temps à l'Ulis alors que Malone est plus souvent dans son CE1 où il suit la plupart des matières, sauf les mathématiques et la compréhension. Angelo qui arrive de chez l'orthophoniste, que Timéo ira voir après la récréation, a juste le temps de faire un puzzle avant d'aller chez le psychologue.

13 élèves, sans problème de comportement, et 13 emplois du temps différents tous les jours. L'école dispose d'un Sessad complet associé, particularité de la Vienne. Tous les mardis matins, l'ensemble de l'équipe du Sessad est dans l'école.

Permettre la réussite

C'est aussi le jour de la réunion hebdomadaire avec le coordonnateur. Les rééducatrices sont présentes tous les lundis et mardis. Des conditions optimales pour cette Ulis-école, l'une des 28 RML (Retard mental Léger) du département.

« Les élèves ont une grande capacité d'adaptation » sourit Adrien « en début d'année je suis passé pendant deux jours dans leur classe de référence pour évaluer leurs besoins d'accompagnement. Certaines inclusions sont conditionnées par la présence d'un adulte. Certaines s'arrêtent, d'autres continuent. Je prends les élèves surtout en maths et en français, jamais tous ensemble. L'emploi du temps est toujours en mouvement ! »

À la récréation, tous les élèves se rejoignent dans la cour « car ce sont avant tout des élèves de l'école. Le rituel de début de journée se fait toujours dans la classe de référence. Ils sont souvent en double niveau jamais plus d'un ou deux par classe. L'adhésion de toute l'équipe est indispensable, même si les effectifs sont souvent trop lourds. L'Ulis est inscrite dans le projet d'école, l'objectif étant de les inclure le plus possible avec leur classe d'âge, de s'adapter au mieux à travers leur PPS pour leur permettre de rejoindre une Ulis-collège ou une SEGPA » explique Arnaud Gaildrat, le directeur.

Adrien qui enseignait en CLIS avant a dû tout inventer... seul, sans formation. « La CLIS représentait un groupe soudé et les élèves se mêlaient peu aux autres enfants de l'école. Quant à la plus-value du passage de la CLIS à L'ULIS au niveau des apprentissages scolaires, c'est difficilement évaluable ».

En bref

MON QUOTIDIEN: UNE ÉCOLE POUR TOUS C'EST POSSIBLE !

Une édition spéciale de Mon Quotidien datée du 28 novembre 2013 réalisée en partenariat avec différentes associations spécialistes consacre un dossier unique à la question de l'école inclusive. Ce dossier thématique comporte des infographies, des textes et des interviews qui permettent d'aborder la place des élèves en situation de handicap et plus généralement à besoin éducatif particulier à l'école.

UNE BROCHURE SUR LA SCOLARISATION DES ÉLÈVES AUTISTES


Une brochure publiée dans la collection « Repères Handicap » du Canopé réalisée par un collectif de chercheurs dirigé notamment par Christine Philip, spécialiste de cette question, fait le point sur la scolarisation des élèves autistes ou présentant des troubles envahissants du développement. Après des éléments de définition et de repérage, les auteurs proposent des pistes de travail concrètes pour la classe. Des adaptations des enseignements sont proposées par champ disciplinaire.

PHILIPPE MAZEREAU: « PENSER DES ADAPTATIONS QUI PROFITENT À TOUS LES ÉLÈVES. »


Lors de la 16e Université d'automne, Philippe Mazereau, enseignant chercheur à l'université de Caen Basse-Normandie est intervenu pour dresser un état des lieux de l'école inclusive en France et dans d'autres pays comparables. Il insiste sur le fait que la notion d'inclusion doit permettre de penser des adaptations qui profitent à tous. Il prône une formation des enseignants spécialisés plus généraliste, davantage tournée vers les pratiques en classe ordinaire, étape nécessaire selon lui pour faire évoluer les savoir-faire en direction des élèves à besoins éducatifs particuliers.

L'ensemble du dossier.

 

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