Direction : le ministère à contre-courant des besoins
Mis à jour le 04.06.26
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Un an après le premier groupe de travail, le ministère a publié le nouveau référentiel métier de la direction d’école au BO du 21 mai 2026.
Le groupe de travail du 13 mai 2025 sur le référentiel du métier de la direction avait provoqué la vive opposition des organisations syndicales et contraint le ministère à suspendre sa publication. Près d’un an après, le ministère vient de publier le texte au BO du 21 mai 2026. La FSU-SNUipp continue de s’y opposer malgré des avancées obtenues suites à la mobilisation syndicale.
Une bascule hiérarchique problématique
Plusieurs dispositions confirmées dans le document final s'éloignent de la culture de pair parmi les pairs qui caractérise le fonctionnement démocratique de l'école primaire. Les éléments les plus problématiques concernent l'autonomie des équipes et l'évaluation :
- Une gouvernance hors cadre : le texte stipule que le directeur ou la directrice « conduit le projet d’école », élaboré avec les représentant·es de la communauté éducative. Une formulation en contradiction directe avec le Code de l’éducation, qui place ce projet sous la responsabilité de l'équipe pédagogique.
- La culture du résultat : le projet d’école devra être ajusté en fonction des résultats des élèves aux évaluations nationales. De plus, le directeur ou la directrice sera tenu·e de présenter ces indicateurs chiffrés lors du conseil d’école.
- Un contrôle des pratiques : Il incombe désormais au directeur ou à la directrice de s’assurer que les enseignant·es maintiennent des échanges réguliers avec les familles concernant les progrès des élèves, installant une forme de rapport hiérarchique qui ne dit pas son nom.
La direction, courroie de transmission des politiques publiques
Le texte élargit également le rôle institutionnel de la direction d’école en faisant le pivot des politiques locales et territoriales au sein de son école. Il devra ainsi veiller à :
- Un pilotage de proximité avec les collectivités : assurer la mise en œuvre des politiques publiques en lien étroit avec les mairies ou intercommunalités (gestion des rythmes scolaires, obligation d'instruction dès 3 ans, déploiement des espaces numériques de travail et du matériel informatique), avec tous les risques d'introduction croissante de ces dernières que cela induit.
- L’articulation des parcours éducatifs : développer les différents parcours (citoyen, EAC, santé) en cohérence avec les dispositifs propres au territoire, tout en tentant de faire respecter les compétences de chacun.
Des évolutions positives obtenues par la mobilisation
Grâce aux interventions et aux lignes fermes défendues lors des négociations avec les organisations syndicales, plusieurs formulations “toxiques” de la version initiale ont pu être purement et simplement gommées :
- Élargissement des missions : la référence restrictive qui limitait l'ambition scolaire à la seule maîtrise des « savoirs fondamentaux » a été supprimée.
- Préservation de la liberté pédagogique : disparition du concept de « stratégie pédagogique ». De plus, l'obligation d’évoquer les résultats des évaluations nationales lors des rendez-vous individuels avec les familles a été abandonnée.
- Gestion des remplacements : c'est une réécriture totale et qui va dans le bon sens. Les directions ne sont plus sommées de « rechercher des moyens de remplacement » en cas d'absence d’un·e enseignant·e. Leur rôle se limite désormais à « informer l’IEN » et « s’assurer que les élèves sont accueillis dans de bonnes conditions », en appuyant l’IEN dans un rôle d’anticipation et de régulation.
- Coopération et protection : le texte intègre désormais la notion positive d’« éducation partagée » et sécurise les procédures en actant l'obligation de prévenir l'IEN en cas de signalement ou d'information préoccupante (IP).
Un communiqué de l'intersyndicale éducation, regroupant la FSU-SNUipp, le SE-Unsa, SNUDI-FO, CGT Éduc’action, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques et SUD Éducation, en date du 4 juin condamne fermement la publication unilatérale de la circulaire sur le référentiel métier des directeurs d'école. Déplorant une dérive managériale qui alourdit les tâches des personnels, les organisation syndicales exigent le retrait immédiat du texte.
Lire le communiqué intersyndical
Un référentiel à contre-sens
Cette actualisation du référentiel traduit la volonté assumée du ministère de faire évoluer l’École dans un sens totalement opposé aux réels besoins du terrain.
Depuis 2017, les politiques ministérielles transforment l’École en une “unité de travail” à piloter à partir d’indicateurs chiffrés et normés, au mépris de la professionnalité enseignante, des collectifs de travail, des élèves et des besoins exprimés de façon constante par l’ensemble de la profession.
Le syndicat continuera à porter ses revendications pour faire évoluer la direction d’école et les collectifs de travail.
Temps Moyens, Salaires : ces revendications sont déclinées en 15 mesures urgentes qui permettront d’améliorer immédiatement les conditions de travail des directrices et des directeurs, et donc des équipes.
Retrouvez les 15 mesures portées par la FSU-SNUipp

