Flambée des fermetures de classes
Mis à jour le 22.05.26
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Avec un nombre de fermetures de classes en très forte hausse, la rentrée 2026, la dernière sous la présidence d’Emmanuel Macron, s’annonce compliquée pour l’école publique. La FSU-SNUipp dénonce haut et fort les effets d'une politique d’austérité imposée au premier degré.
Derrière l'argument de la baisse démographique brandi par le ministère se cache une logique d'austérité budgétaire dont les conséquences directes vont lourdement fragiliser le service public d’éducation.
3 742 fermetures de classes
Les données issues des cartes scolaires de l’ensemble des départements révèlent une saignée inédite dans le premier degré. Les arbitrages traduisent un déséquilibre flagrant, même si ces chiffres seront révisés lors des opérations d’ajustement :
- 5 914 fermetures de classes
- 2 172 ouvertures
- soit un solde de 3 742 fermetures
La rentrée 2026 s'annonce d'ores et déjà très dégradée en affichant un niveau de fermetures de classes supérieur de 60 % par rapport à la même époque en 2025.
D’autant plus que le ministère impose de généraliser les Pôles d'appui à la scolarité (PAS), mais sans créer de moyens dédiés. Ce sont donc plus de 800 classes qui seront fermées à cet effet alors même que la généralisation de ce dispositif a été explicitement rejetée par l'Assemblée nationale le 11 mai dernier.
Pour la FSU-SNUipp, ces fermetures confirment le changement d'orientation. En 2017, Emmanuel Macron faisait de l'école primaire une « priorité politique » créant,12 000 postes sur le quinquennat malgré la baisse des effectifs. Neuf ans plus tard, la baisse démographique s'est transformée en un outil de réduction des dépenses, privant l'école d'une occasion historique de conserver ses postes pour alléger les classes et améliorer le quotidien des personnels et des élèves.
Entre les rentrée 2022 et 2025, période correspondant au second mandat d’Emmanuel Macron, ce sont plus de 5000 classes qui ont été fermées dans le premier degré public. Les fermetures prévues à la rentrée 2026 vont encore alourdir la facture.
Le nombre de fermetures par département
Carte scolaire 2026 : le solde des ouv/ferm
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Les zones fragiles en première ligne
L’analyse de la carte scolaire met en évidence une aggravation pourtant prévisible des inégalités territoriales. Les fermetures de classes frappent de plein fouet des territoires déjà soumis à de fortes tensions sociales et scolaires, notamment en éducation prioritaire.
L'Île-de-France subit un impact massif avec plus de 500 classes supprimées.
La Seine-Saint-Denis, département particulièrement exposé, enregistre à lui seul 181 fermetures.
Le Nord se voit amputé de 271 classes au total.
Derrière les chiffres, les conséquences pour les équipes et les élèves sont multiples : classes surchargées, dégradation du remplacement des enseignant·es absent·es, réduction du nombre de personnels spécialisés, fragilisation des collectifs pédagogiques et affaiblissement du suivi des élèves à besoins spécifiques.
Un rejet unanime
Partout dans le pays, la communauté éducative refuse de se laisser faire face à ce qui est vécu comme un abandon de l’école publique. Les projets de carte scolaire font face à un rejet unanime dans les départements :
- Boycott massif des instances locales (15 CSA-SD et 20 CDEN).
- Votes de défiance unanimes lors des réunions paritaires (58 CSA-SD et 3 CDEN).
- Multiplication des mobilisations locales (rassemblements, pétitions, occupations d'écoles...).
Cette colère est nourrie par la dégradation continue des conditions de travail : épuisement professionnel, lourdeur administrative et manque cruel de moyens pour faire vivre l'école inclusive.
Parallèlement, l'expérimentation de gestion pluriannuelle de la carte scolaire , annoncée le 23 avril par Edouard Geffray dans 18 départements, ne répond en rien à l'urgence de la rentrée 2026. Jugée opaque, elle fait craindre une fragilisation du cadre national de l'Éducation au profit d'inégalités territoriales accrues.
L'appel à un plan d'urgence
Avec 3 678 suppressions de postes subies dans le primaire en l'espace de quatre ans, un seuil critique a été franchi.
En tant que premier syndicat de l’école publique, la FSU-SNUipp exige un plan de soutien immédiat articulé autour de quatre priorités :
- stopper les fermetures de classes programmées ;
- renforcer les équ
ipes pédagogiques ;
- créer les postes statutaires nécessaires ;
- améliorer de manière globale les conditions d'apprentissage des élèves.