Une entrée dans le métier toujours difficile

Mis à jour le 13.03.26

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L’enquête annuelle de la FSU-SNUipp auprès des PE stagiaires dresse une entrée dans le métier difficile.


726 PE stagiaires ont répondu à l’enquête réalisée par le syndicat. Les résultats dressent un constat préoccupant : une année de stage marquée par une charge de travail excessive, une formation jugée insuffisante et un manque de préparation à la responsabilité de classe.

Une charge de travail toujours trop importante

Les stagiaires issus d’un master Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) sont à temps plein en responsabilité de classe, avec seulement 10 à 20 jours de formation dans l’année. Les autres sont à mi-temps en classe et à mi-temps en formation à l’INSPE.

Les stagiaires déclarent travailler en moyenne 46 heures par semaine, un tiers d’entre elles et eux déclarant même consacrer 50 heures ou plus de leur temps. Cette charge comprend le temps de classe, de préparation, de correction mais aussi le travail universitaire demandé par l’INSPE.

Des temps de trajet importants

10 % des stagiaires mettent une heure ou plus pour se rendre sur leur lieu d’exercice.

Plus d’un quart des stagiaires à mi-temps mettent également plus d’une heure pour rejoindre l’INSPE. En effet, la fermeture de certains sites de formation et la dispersion des lieux d’enseignement obligent parfois les stagiaires à se former dans un autre département que celui de leur recrutement.

Une année éprouvante

Les conséquences sur les conditions de travail sont très nettes :

  • 53 % des stagiaires se disent débordé·es
  • 51 % se sentent stressé·es

Cette pression permanente fragilise l’entrée dans le métier. Un stagiaire sur cinq ne se projette pas dans l’enseignement au-delà de cinq ans, et 14 % déclarent se demander chaque jour combien de temps ils ou elles vont tenir.

Ces résultats font écho à l’augmentation des démissions chez les enseignant·es stagiaires observée depuis plusieurs années.

Une responsabilité de classe insuffisamment préparée

L’enquête met également en lumière un problème majeur : le manque de préparation à la prise en charge d’une classe. Trois quarts des stagiaires estiment ne pas être suffisamment préparé·es à cette responsabilité. Ce sentiment est encore plus fort chez les stagiaires n’ayant pas suivi de master MEEF (83 %). Près d’un tiers n’avaient jamais effectué de stage dans l’enseignement public avant d’avoir une classe.

Sans surprise, 88,4 % déclarent rencontrer parfois ou souvent des difficultés dans les situations de classe, notamment pour :

  • la gestion de l’hétérogénéité des élèves
  • la prise en charge de la difficulté scolaire
  • la gestion du groupe

Une formation jugée insatisfaisante

Les réponses soulignent également une insatisfaction importante vis-à-vis de la formation dispensée à l’INSPE. Les stagiaires pointent particulièrement :

  • l’insuffisance de formation sur la pratique pédagogique et la gestion de classe
  • le manque de contenus sur la connaissance de l’élève
  • les limites de l’initiation à la recherche

Ces dimensions sont pourtant essentielles pour permettre la réussite de tous les élèves dans un système éducatif marqué par de fortes inégalités.

Un tutorat parfois défaillant

Le suivi des stagiaires n’est pas toujours à la hauteur des besoins :

  • 15 % des stagiaires à mi-temps déclarent ne pas avoir de tuteur ou tutrice
  • parmi celles et ceux qui sont tutoré·es à l’INSPE, 19 % n’avaient reçu aucune visite au 1er mars et 82 % moins de trois visites

Dans certains cas, les tuteurs et tutrices de terrain ne sont pas formé·es aux fonctions de formation, ce qui limite encore l’accompagnement.

Pour une véritable année de formation

Ces résultats confirment que l’année de stage reste trop souvent utilisée comme un moyen d’enseignement plutôt que comme un véritable temps de formation. 

Le syndicat revendique notamment :

  • un stage avec un maximum d’un tiers de temps en responsabilité de classe
  • une formation renforcée et mieux articulée avec la pratique
  • au moins un site d’INSPE dans chaque département afin de limiter les déplacements.
  • un accompagnement réel par des tuteurs et tutrices formé·es
  • de meilleures conditions de travail et de rémunération pour l’ensemble de la profession

Améliorer la formation initiale est un levier essentiel pour répondre à la crise d’attractivité du métier et permettre aux nouveaux et nouvelles enseignant·es d’entrer dans le métier dans de meilleures conditions, au service de la réussite de tous les élèves.