Le nouveau congé de naissance

Mis à jour le 12.02.26

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Un nouveau congé a été adopté par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 : le congé de naissance.
Ce congé supplémentaire indemnisé permet à chacun des deux parents d’ajouter une période d’un ou deux mois à ses droits à congé de maternité, paternité, ou d'accueil de l’enfant après adoption.

Un à deux mois supplémentaires

Le congé de naissance s'étend sur une période d’un à ou deux mois. Chaque parent peut prendre le congé de naissance simultanément ou en alternance avec l'autre. Ce congé est fractionnable en deux périodes d’un mois et est mobilisable dans un délai de 9 mois à partir du jour de la naissance ou de la date d’arrivée de l’enfant au foyer pour mobiliser ce congé.

Il sera mis en place à partir du 1er juillet 2026 et concerne les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026. Il ne remplace pas le congé parental, dont les modalités restent les mêmes.

Les conditions d’attribution

Pour pouvoir bénéficier du congé supplémentaire de naissance, il faut :

  • être fonctionnaire titulaire, stagiaire ou contractuel·le ;
  • être parent d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026 (ou né prématurément mais dont la naissance était initialement prévue à compter du 1er janvier 2026 ;
  • avoir épuisé ses droits à congé maternité, paternité ou d'adoption.

Une indemnisation encore inconnue…

Les textes prévoient une indemnisation, avec un traitement réduit.
Celle-ci serait dégressive entre le premier et le second mois du congé et ne pourrait être inférieure à 50 % du salaire.
Un décret en Conseil d'Etat apportera des précisions à propos du niveau de traitement maintenu. 

L’indemnisation du congé supplémentaire de naissance ne pourra pas être cumulée avec :

  • la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) ;
  • le complément de libre choix du mode de garde au titre du même enfant ;
  • l’allocation journalière de présence parentale ;
  • l’allocation journalière de proche aidant.

Une position administrative favorable

Le congé supplémentaire de naissance est considéré comme une période de travail effectif pour les avancements d’échelon et promotions.
Pour la retraite, il est pris en compte dans la constitution du droit à pension.

Comment obtenir ce congé ?

Il faudra prévenir l'administration un mois avant le début du congé, délai pouvant être réduit à 15 jours si le congé supplémentaire de naissance prend la suite immédiate du congé maternité, paternité et d’accueil ou d’adoption.
Si la durée souhaitée est de 2 mois, les parents devront indiquer si celle-ci est fractionnée ou non.

Textes de référence :

  • Code Général de la Fonction Publique (art. L 631-1, L 631-3, L 631-8 , L 631-9)
  • Code du Travail (art. L 1225-46-2 à L 1225-46-7)
  • Code de la Sécurité Sociale (art L 331-8-1 et L 331-8-2)
  • LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (art 99)
  • Dans l’attente des décrets d’application qui doivent préciser la mise en place de ce congé.

Si la création de ce nouveau droit est un premier pas vers une meilleure implication des deux parents et une avancée pour l'égalité femmes-hommes, le SNU-FSU pointe des insuffisances majeures :
- Un temps trop court pour l'enfant : deux mois restent très loin des besoins réels identifiés par le rapport des « 1 000 premiers jours ». Le lien précoce parent-enfant est déterminant, et la France demeure en retard par rapport à ses voisins (Suède, Espagne).
- Le risque d'un recul masqué : dans la Fonction publique, le congé parental est utilisé à 95 % par des femmes. Le discours « plus court mais mieux rémunéré » est un piège pour les bas salaires, notamment pour les AESH : une indemnisation à 50 ou 60 % ne constitue pas une protection suffisante et réduit de fait le temps disponible pour élever son enfant.
- L’angle mort de la garde d’enfants : réduire la durée des congés sans développer un véritable service public de la petite enfance est irréaliste. Avec 230 000 places manquantes en crèche, de nombreuses familles — et particulièrement les mères — se retrouveront sans solution viable pour reprendre le travail.
Pour la FSU-SNUipp, la parentalité ne doit pas faire l'objet d'un arbitrage entre "plus d'argent" ou "plus de temps". Les deux sont nécessaires. Le syndicat revendique une politique globale qui garantisse à la fois une protection sociale de haut niveau et un accueil collectif de qualité pour tous les enfants.