Difficile d’être sportive
Mis à jour le 17.03.26
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Presqu’une adolescente sur deux qui arrête le sport ne le fait pas par choix mais par contrainte sociale.
« 45,2% des jeunes filles qui arrêtent le sport, l’abandonnent malgré un intérêt réel ». C’est le constat rendu public le 13 janvier dernier par la MGEN. Celle-ci, suite à la publication d’un rapport de l’UNESCO annonçant qu’une fille sur deux arrête le sport avant 15 ans, a mené une enquête* en 2025 pour en connaître les raisons. Le renoncement des adolescentes au sport ne résulte ni d’un choix individuel ni d’un manque d’envie. La non-prise en compte des spécificités du corps féminin est pointée comme premier point de rupture : pour 63% « les changements physiques liés à la puberté (poids, poitrine…) rendent le sport moins agréable » et pour 55% « les règles constituent un frein à leur pratique », 53% ne se sentant pas « suffisamment informées ou équipées pour faire du sport pendant leurs règles ». À cela s’ajoute un sentiment d’insécurité préoccupant pour 55% d’entre elles dans certains lieux comme les vestiaires, les terrains ou durant les trajets. En outre, 42 % ont subi des comportements déplacés (moqueries, harcèlement, sexisme) quand 55% en ont été témoins. Elles ressentent également un décalage entre l’image corporelle valorisée sur les réseaux sociaux et leur apparence.
CHANGER LA DONNE
L’accès au sport est aussi contraint par des freins structurels comme le coût d’inscription, l’absence de section féminine ou d’installations sportives accessibles. Enfin, la culture de la compétition est dénoncée amenant perte de confiance en soi, sentiment de culpabilité et exigences qui s’ajoutent à une pression scolaire déjà présente. Pour que le sport redevienne un lieu d’épanouissement et non une épreuve, les jeunes filles interrogées dans l’enquête demandent une prise en compte de l’existence du cycle menstruel dans les entraînements et que les tenues puissent être adaptées. Elles revendiquent des environnements bienveillants, en faisant du sport un vecteur de bonne santé mentale avec une plus grande souplesse pour passer d’une discipline à l’autre, en tester de nouvelles mais aussi une valorisation des femmes comme athlètes ou comme entraîneuses.
* Adolescentes & sport : le grand décrochage. MGEN/ Kantar, janvier 2026