8 mars : combattre les inégalités salariales
Mis à jour le 04.03.26
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Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, est bien plus qu'une simple date dans le calendrier. C'est une journée de lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes, notamment dans le monde du travail, mais pas seulement. Cette année encore, la grève féministe du 8 mars prend une importance particulière alors que les inégalités salariales persistent dans la fonction publique entre les femmes et les hommes, et le ministère de l’Education nationale est tout aussi concerné.
Des disparités salariales alarmantes
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les écarts de rémunération entre hommes et femmes restent significatifs. Dans la fonction publique, où l'équité devrait être un principe fondamental, et où les grilles indiciaires devraient protéger de potentielles disparités, les réalités sont tout autres :
- Dans la fonction publique, à travail égal, les femmes gagnent en moyenne 9,8 % de moins que leurs homologues masculins (410 euros brut de moins par mois).
- Dans le premier degré public, les données sont tout aussi troublantes : le salaire net moyen des hommes PE dépasse celui des femmes de 7% .
- L'écart des primes entre les sexes est saisissant : il s’élève à 18% .
- Les moins de 30 ans subissent un écart de rémunération de 0,8 %.
- Pour les 30-40 ans, cet écart monte à 7,3 %.
- Les travailleuses âgées de 40 à 50 ans subissent une différence de 11,5 %.
- Enfin, pour les 50-60 ans, l'écart atteint un sommet de 13,9 %.
A l'heure de la retraite, les inégalités sont amplifiées, avec des pensions nettement inférieures pour les femmes : une PE qui aurait cotisé uniquement à l’Éducation nationale partant à la retraite touchera 229 € de moins qu’un PE (264€ d’écart en cas de plusieurs pensions)…
La mise en place du jour de carence a des conséquences notables sur le creusement des inégalités. entre juillet 2018 et août 2020, les femmes représentaient 73% des agent·es prélevé·es
Les écarts dans la progression de carrière entre les femmes et les hommes sont aussi particulièrement marquants dans le premier degré. Après 30 années d'ancienneté, 60% des hommes ont atteint la classe exceptionnelle contre 47% des femmes.
Pourquoi ces disparités ?
Plusieurs facteurs explicatifs existent, mais deux se démarquent particulièrement.
La quotité de travail effectuée par les femmes joue un rôle majeur. Les chiffres révèlent que 10,4% des femmes enseignantes du premier degré sont à temps partiel, contre seulement 4,3% des hommes. Dans une société où la répartition des tâches éducatives et domestiques au sein de la cellule familiale est toujours particulièrement genrée, ce sont souvent ces dernières qui prennent un temps partiel lors de l’arrivée d’un enfant par exemple.
De même, 94% des AESH sont des femmes. Elles subissent déjà des temps partiels imposés et un rémunération précaire, mais certaines sont contraintes de prendre des temps partiels suite à l'arrivée d'un enfant, ce qui réduit d'autant leur rémunération.
Autre explication : l’accès aux fonctions les plus rémunératrices. Les postes de direction d'école, de remplaçant·es et ceux en éducation prioritaire influencent significativement les revenus par la mise en place d’indemnités. Cependant les hommes sont surreprésentés sur ces postes. Par exemple, 85% des directions non déchargées sont occupées par des femmes. Leur présence diminue à mesure que le temps de décharge augmente. Elles ne représentent, en effet, plus que 59% des directeurs.trices complètement déchargé·es d’enseignement. De même, les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes à assurer des remplacements (14,2% contre 8%).
Les inégalités salariales persistent alors que le principe d’égalité salariale est inscrit dans la loi depuis 1972. Le profilage des postes ou le refrain du “travailler plus pour gagner plus” avec la mise en place du Pacte, sont des mesures qui accentuent ces inégalités. C’est pourquoi, il est nécessaire de se mobiliser lors de la grève du 8 mars prochain.