Temps de travail des PE : quelle réalité ?

Mis à jour le 09.12.25

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Une nouvelle note de la DEPP, le service de direction statistique du ministère, portant sur l’année scolaire 2022-2023, livre un constat sans ambiguïté.

Un temps de travail au-delà du cadre réglementaire

Le volume annuel de travail des enseignants du primaire atteint 1 637 heures, dépassant le plafond légal de la Fonction publique. Le temps de travail hebdomadaire se stabilise à 42 heures, dont à peine 24 heures sont consacrées à l’enseignement devant élèves.

Un mois de travail pendant les vacances

Les PE travaillent en moyenne 32 jours durant les vacances scolaires, majoritairement pour préparer la rentrée, ajuster les progressions, corriger ou évaluer. Les jeunes enseignant·es, les collègues en poste provisoire ou en multi-affectation sont particulièrement exposé·es à cette surcharge.

Des écarts genrés persistants

Les femmes travaillent davantage pendant les vacances (33 jours contre 28 pour les hommes). Paradoxalement, ce sont les hommes et les parents de familles nombreuses qui déclarent plus souvent être prêts à effectuer du travail supplémentaire rémunéré. Pour autant, seuls 13 % des PE accepteraient « de travailler plus pour gagner plus », 87 % y sont opposé·es.

Un constat réaffirmé : la surcharge est chronique

La part des « autres activités » atteint désormais 14 % du temps hebdomadaire, signe d’un empilement continu des tâches pédagogiques, administratives, relationnelles et organisationnelles, sans compensation ni reconnaissance institutionnelle. De plus, les 20 minutes quotidiennes d’accueil, obligatoires mais non comptabilisées dans les Obligations Réglementaires de Service (ORS), portent le temps réel de présence devant élèves à 25 h 20 par semaine.

La FSU-SNUipp exige de rendre visible le temps de travail réel des professeur·es des écoles : la surcharge est chronique, les tâches s’accumulent et il n’est plus acceptable de demander toujours plus sans prévoir le temps pour le faire. Elle revendique une refonte des obligations réglementaires de service afin de redonner aux équipes le temps indispensable au travail collectif et à la réussite des élèves, appuyée par la création de postes et le retour de dispositifs comme le Plus de maîtres·ses que de classes. Enfin, la FSU-SNUipp porte un rattrapage salarial immédiat et sans contrepartie, avec une hausse de 20 % de la valeur du point d’indice, son indexation sur l’inflation et une progression indiciaire renforcée. Cette hausse serait une juste reconnaissance du travail effectué par les enseignant·es de France qui sont encore et toujours parmi les plus mal payé·es des pays de l’OCDE.