3 février : les écoles d’Outre-mer se mobilisent
Mis à jour le 28.01.26
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Malgré des alertes répétées et des constats largement partagés, l’État continue d’ignorer la situation alarmante des écoles d’Outre-mer. Bâti scolaire dégradé, manque de moyens humains, attaques contre les droits sociaux : face à cette accumulation de difficultés, la FSU-SNUipp appelle les personnels des DROM et des COM à se mobiliser massivement le 3 février pour défendre une École publique de qualité au service des élèves et des conditions de travail dignes.
Des conditions d’enseignement inacceptables
Dans les écoles des DROM et des COM, les difficultés sont connues et documentées depuis longtemps. Le bâti scolaire est souvent inadapté ou vétuste, les classes sont surchargées et les salles insuffisantes. Les normes d’hygiène, de sécurité et sismiques ne sont pas toujours respectées, exposant élèves et personnels à des risques inacceptables. À cela s’ajoutent des conditions climatiques extrêmes, des coupures d’eau régulières, la cherté des manuels et fournitures scolaires, ainsi qu’un manque criant de personnels, notamment spécialisés.
Ces réalités dégradent profondément les conditions d’apprentissage des élèves et pèsent lourdement sur la santé et le bien êtredes personnels. Faute d’infrastructures suffisantes, certain·es élèves ne sont toujours pas scolarisé·es.
Un plan pluriannuel toujours absent
La FSU-SNUipp n’a cessé d’interpeller les ministères de l’Éducation nationale et des Outre-mer pour obtenir la mise en place d’un plan pluriannuel ambitieux en faveur de la réussite des élèves ultramarins. À ce jour, aucune réponse concrète n’a été apportée. Cette absence de volonté politique traduit un désengagement préoccupant de l'État vis-à vis des territoires ultramarins et de leurs écoles.
Des droits des personnels directement attaqués
À ces difficultés structurelles s’ajoutent des remises en cause directes des droits des personnels. Suite à l’accord du 20 octobre 2023, les enseignant·es et les AESH en Congé Longue Maladie ou en Congé Grave Maladie subissent une baisse de l’indexation de leur salaire. Pour des personnels déjà fragilisés, cette mesure constitue une véritable double peine, et représente une perte importante de pouvoir d’achat.
La FSU-SNUipp exige l’annulation immédiate de cette disposition injuste, en totale contradiction avec l’objectif affiché d’amélioration des droits en matière d’incapacité de travail.
Retraites : des revendications toujours ignorées
Concernant la retraite des fonctionnaires ultramarins, la FSU-SNUipp reste fermement opposée à la cotisation volontaire au régime (CVR). Elle revendique un dispositif de substitution à l’Indemnité Temporaire de Retraite par répartition, qui concernerait l’ensemble des fonctionnaires des DROM et des COM.
En Polynésie française, ce dispositif doit impérativement prendre en compte la majoration pour le calcul de la pension, celle-ci étant soumise à cotisation pension civile, conformément à l’article 20 de la loi de finances de 1974.
Face à l’inaction de l’État et à la dégradation continue des conditions d’enseignement et de travail, la FSU-SNUipp appelle les personnels des Outre-mer à se mobiliser massivement le 3 février,, pour faire aboutir leurs revendications et obtenir enfin des réponses à la hauteur des enjeux pour l’École publique et les territoires ultramarins.