Les enfants sont largement victimes de violences, notamment sexuelles

Mis à jour le 20.03.25

2 min de lecture

3 question à Nathalie Mathieu, ancienne co-présidente de la Civiise

NATHALIE MATHIEU, ancienne co-présidente de la Civiise  et autrice de “Personne n’est prêt à entendre ça, violences sexuelles faites aux enfants”, 2024, ed. L’Harmattan

Nathalie Mathieu

QUE RÉVÈLENT LES DERNIERS SCANDALES LIÉS AUX VIOLENCES SUR LES ENFANTS ?

La société sait que les enfants sont largement victimes de violences, notamment sexuelles. Pour autant elle n’arrive pas à le conscientiser et donc à agir pour mieux repérer et mieux protéger. Les violences perdurent parce que, comme à Bétharram, des adultes savent mais pour des raisons diverses, comme la croyance en l'efficacité d’une éducation sévère, ne peuvent pas dénoncer les faits sur le moment, faisant ainsi d’énormes dégâts. Les institutions, que ce soit la protection de l’enfance, la santé ou encore l’enseignement, devraient s’organiser de manière à empêcher des adultes de se retrouver dans une situation de toute puissance sur des enfants sans regard tiers. L’école a un rôle important à jouer pour repérer les enfants victimes et leur permettre de révéler ce qu’ils vivent.

LA CIVIISE PEUT-ELLE ENCORE AGIR ?

 La Civiise que j’ai co-présidé avec Edouard Durand a permis de rendre publique la parole des victimes. Notre rapport comprend 82 préconisations mais notre travail n’a pas pu se poursuivre dans leur mise en œuvre concrète. La nouvelle Civiise conserve 16 préconisations considérées urgentes, avec pour objectif de basculer dans le droit commun. Si l’idée est bonne, il faudrait surtout que des actions essaiment au plus près du terrain. C’est une question de santé publique. Ainsi, dans l’éducation nationale, il faudrait davantage de personnels médicaux et sociaux ou encore un vaste programme de formation des enseignants pour mieux accompagner le repérage des enfants victimes, parce que la parole n’est pas spontanée.

QUE PENSER DE LA PROPOSITION DE LOI ATTAL SUR LA JUSTICE DES MINEUR•ES ?

Elle rejoint l’idée que la sévérité est ce qu’il y a de mieux pour les enfants. Mais les études montrent que ceux qui passent à l’acte délinquant sont souvent des enfants maltraités. Même si ce constat n’excuse pas leurs actes, il permet de mieux les comprendre. Tout mineur a le droit d’être accompagné dignement pour devenir un adulte. Or, la protection judiciaire de la jeunesse n’a pas les moyens de ses ambitions. Par ailleurs, cette loi révèle que notre société fait croire que la responsabilité est individuelle et que des personnes sont intrinsèquement mauvaises et délinquantes. La question du déterminisme socio-économique dans lequel se trouvent les familles n’est pas interrogée.

* Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants.

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